Le camping-car, c'est 7 mètres de long, 2,30 m de large et 3 mètres de haut. Une Fiat 500, c'est 3,65 m sur 1,62 m. Devinez lequel des deux passe sous les portiques médiévaux de Sienne ? Voilà le vrai sujet quand on parle d'itinéraire en camping-car dans les grandes villes italiennes. Pas les lacs, pas les Dolomites — tout le monde sait faire. Le problème, c'est Florence, Rome, Venise, Milan, Naples. Les villes où votre maison roulante devient soudain un fardeau.
J'ai fait le trajet deux fois. La première, naïvement, en visant les centres historiques. La seconde, plus malin. Je vais vous raconter les deux, parce que la première m'a coûté 180 € d'amende à Florence et une après-midi de stress à Milan.
Points clés à retenir
- Les centres historiques italiens sont presque tous en ZTL (zone à trafic limité) : un camping-car n'y entre pas, même pour cinq minutes.
- La bonne stratégie : dormir en périphérie (aire, camping ou parking relais) et rejoindre le centre en train ou en navette.
- Venise est le cas extrême : on ne s'approche pas plus près de Mestre ou de Fusina. Point.
- Florence et Rome se gèrent bien depuis une aire extérieure + tram ou train régional.
- Le véhicule de 6 à 7 m reste la bonne taille pour ce genre de circuit ; au-delà de 7,50 m, vous vous fermez des portes.
- Prévoyez un mix aires et campings : les aires urbaines sont pratiques mais souvent bruyantes et chères.
Un itinéraire camping-car pensé pour les grandes villes italiennes
La plupart des circuits que je lis en ligne listent les étapes par région : lacs du Nord, Toscane, côte amalfitaine. C'est bien pour la carte. Mais une fois sur place, la question n'est jamais « quelle région ? ». C'est : « où je pose ce truc ce soir, et comment je visite la ville demain matin sans me faire verbaliser ? »
Donc je vous propose de raisonner autrement. Pas par étapes géographiques, mais par points d'ancrage urbains : une ville = un lieu de stationnement + un mode de transport vers le centre.
Pourquoi vous n'entrerez pas dans les centres
Les ZTL, ce sont des zones délimitées par des caméras. Vous franchissez le portique, la photo est prise, l'amende arrive chez vous trois à six mois plus tard — et en Italie, elle est salée. Les tarifs varient selon la ville, mais comptez 80 à 100 € par infraction, sans possibilité de négocier en prétextant que vous ne saviez pas. Le panneau est là. Il est même en anglais.
Deuxième obstacle : la hauteur. Beaucoup de parkings souterrains plafonnent à 2 m. Certains à 2,10 m. Votre camping-car fait 2,80 à 3 m. Rédhibitoire.
Troisième : la largeur des rues. À Sienne, à Orvieto, dans les centres de Bologne ou de Vérone, une camionnette passe. Un camping-car de 7 m ne passe pas. Et même s'il passait, personne n'a envie d'y frotter une aile.
Bref : dans une grande ville italienne, le camping-car reste dehors. La question, c'est juste où.
Circuit 15 jours : du Nord à la Toscane
Quinze jours suffisent pour le Nord et la Toscane sans courir. C'est le circuit que je conseille à quelqu'un qui découvre l'Italie en camping-car pour la première fois.
Les étapes
- Lac de Garde (2 nuits) — campings bien équipés en rive sud, à Peschiera ou Sirmione. Facile d'accès, entrée en matière douce.
- Vérone (1 nuit) — aire en périphérie, bus vers l'Arena. La ville est petite, une journée suffit.
- Lac de Côme ou Majeur (2 nuits) — ambiance différente, plus chic, plus chère.
- Milan (1 nuit, ou évitement) — je détaille plus bas, c'est le passage piège.
- Cinque Terre (2 nuits) — parking en hauteur à Levanto ou Monterosso, navette ou train pour les villages.
- Lucques (1 nuit) — splendeur discrète, accessible en s'arrêtant juste avant les remparts.
- Florence (2 nuits) — depuis une aire extérieure, tram jusqu'à Santa Maria Novella.
- Sienne / Val d'Orcia (2 nuits) — le paysage, enfin. Ici, le camping-car est roi.
- Pise / retour (1 nuit) — l'arrêt final classique avant de remonter.
Quinze jours tiennent sans problème, à condition de ne pas vouloir ajouter Rome. Dès que Rome entre dans le plan, il faut basculer sur 21 jours.
Circuit 21 jours : du Nord à Rome
Vingt-et-un jours permettent d'ajouter Rome et un avant-goût du Sud. C'est le format que j'ai suivi lors de mon deuxième passage, et honnêtement, c'est celui que je referais.
On garde les six premières étapes du circuit de 15 jours (lacs, Vérone, Milan ou contournement, Cinque Terre, Toscane), puis on descend :
- Florence → vallée du Chianti : 60 km, deux jours de routes sinueuses et de caveaux ouverts.
- Chianti → Orvieto : la ville sur son rocher, parking en bas de la falaise, funiculaire pour monter. Succès garanti auprès des enfants.
- Orvieto → Rome : 120 km, autoroute directe.
- Rome → Naples / Pompéi : 220 km, une grosse demi-journée.
- Pompéi → côte amalfitaine ou retour nord.
Rome en camping-car : le passage à ne pas rater
Rome, contrairement à Venise, se gère bien — mais pas depuis le centre. Les aires et campings utiles sont à l'extérieur de la rocade. Trois zones fonctionnent :
- Nord, vers la via Flaminia ou la via Cassia : pratique si vous arrivez de Toscane.
- Est, vers Tivoli ou la via Tiburtina : bon compromis prix / accès métro.
- Sud, vers l'EUR ou la via Appia : l'idéal si vous enchaînez vers Naples juste après.
Depuis ces points, on rejoint le centre en métro ou en train régional. Une fois à Termini ou à un arrêt de tram, tout Rome est à pied ou en bus. Le Colisée, le Panthéon, le Trastevere — tout se visite sans le camping-car.
Le piège à éviter : tenter de s'approcher du Vatican en espérant trouver une place. Il n'y en a pas. Et les zones autour sont truffées de contrôles.
Circuit 28 jours : du Nord aux Pouilles
Vingt-huit jours ouvrent les Pouilles, la côte amalfitaine et la Calabre. C'est un autre voyage. On descend jusqu'à la botte, et là, le rapport au camping-car change complètement. On quitte les villes denses pour des routes de campagne, des villages blancs, des criques quasi vides hors saison.
Les grandes villes ne sont plus le centre de gravité du circuit. Elles deviennent des pauses : Naples (depuis un parking du Vésuve ou de Pompéi, train Circumvesuviana), Bari (aire en périphérie, train pour le centre), Matera (parking dédié en bas, montée à pied).
Franchement, dans ce format, le camping-car redevient un plaisir. Les trois premières semaines, on subit la logistique urbaine. La quatrième, on en profite enfin.
Quelle ville, quel accès, quel prix
| Ville | Accès camping-car | Où dormir | Rejoindre le centre |
|---|---|---|---|
| Venise | Impossible au-delà de Mestre / Fusina | Camping à Mestre ou Fusina | Train ou vaporetto |
| Milan | Périphérie uniquement, restrictions environnementales | Aire hors rocade | Métro |
| Florence | Aire extérieure obligatoire | Aire nord ou camping | Tram jusqu'à la gare centrale |
| Rome | Hors rocade | Camping EUR, Flaminia, Tiburtina | Métro ou train régional |
| Naples | Depuis Pompéi ou Vésuve | Camping zona | Circumvesuviana |
| Sienne | Parking en bas de la ville | Aire périphérique | Escaliers ou bus (10 min) |
Villes à éviter ou à négocier
Venise
Venise est le cas extrême. Vous ne dormirez pas près du centre. Les campings sont à Mestre ou à Fusina, et de là vous prenez le train ou le vaporetto. C'est une demi-journée de logistique en plus, mais c'est inévitable. Personne n'a jamais planté un camping-car à San Marco.
Milan
Milan a mis en place des restrictions environnementales qui touchent directement votre véhicule, selon son classement. Avant d'entrer dans la zone concernée, vérifiez si votre camping-car est autorisé — et si vous avez besoin d'un macaron. Le plus simple : ne visez pas le centre. Posez-vous en périphérie et prenez le métro.
Les zones où le camping-car reprend ses droits
Le Val d'Orcia, les Pouilles, la Calabre, la campagne ombrienne, les Dolomites. Aucune ZTL, aucune hauteur limitée, des aires et des agritourismes partout. C'est là qu'on comprend pourquoi on fait ce voyage.
Questions fréquentes
Quel est un bon circuit pour visiter l'Italie en camping-car ?
Le bon circuit dépend surtout de votre durée disponible. Quinze jours suffisent pour le Nord et la Toscane. Vingt-et-un jours permettent d'ajouter Rome et un avant-goût du Sud. Vingt-huit jours ouvrent les Pouilles, la côte amalfitaine et la Calabre. Pour un véhicule de 6 à 7 m, l'idée est d'éviter les ZTL et de privilégier un mix aires et campings.
Quel circuit de 10 jours pour visiter les lacs italiens en camping-car me recommandez-vous ?
Dix jours, c'est parfait pour rester concentré sur les lacs du Nord. Je partirais sur Garde (3 nuits, deux campings différents pour changer d'ambiance), puis Majeur (3 nuits, côté Stressa ou Baveno), puis Côme (2 nuits, rive ouest). Les deux derniers jours, une halte à Vérone sur le retour. Ce circuit est court, dense et sans stress urbain.
Quelles sont les règles à connaître pour circuler en Italie en camping-car ?
Trois choses à retenir. Les ZTL : ne franchissez jamais un portique dans une grande ville, l'amende arrive chez vous. Les restrictions environnementales en ville : elles peuvent dépendre du classement de votre véhicule, vérifiez avant d'entrer dans certaines zones urbaines. Et l'équipement obligatoire : gilet jaune pour tous les occupants (pas seulement le conducteur), triangle, et kit anti-crevaison ou roue de secours.
Existe-t-il des aires camping-car gratuites en Italie ?
Oui, notamment dans les zones rurales et dans certains villages de l'arrière-pays. En revanche, dans le périmètre des grandes villes, les aires gratuites sont rares et souvent saturées en haute saison. Prévoyez toujours une solution de repli.
Sécurité : ce qu'on m'a dit, ce que j'ai vécu
La question revient souvent : l'Italie en camping-car, c'est sûr ? Globalement, oui. Je n'ai jamais eu de problème dans le Nord ni en Toscane. En revanche, deux points méritent de l'attention : les parkings urbains isolés la nuit, et certaines zones du Sud où il vaut mieux garer son véhicule dans un camping fermé plutôt qu'en bord de route.
Mon conseil : choisissez une aire ou un camping, jamais un stationnement sauvage le long d'une nationale. Non seulement pour la sécurité, mais aussi parce que la police municipale, elle, ne fait pas de sentiment.
Et puis, avouons-le : après une journée à Florence, ce qui compte, c'est de dormir dans un endroit calme. Pas de compter les portiques ZTL dans sa tête à 2 h du matin.
Le vrai itinéraire camping-car en Italie, ce n'est pas la carte que vous tracez. C'est la liste des villes où vous acceptez de laisser votre maison roulante dehors. Une fois qu'on a compris ça, l'Italie s'ouvre.